La création d’emplois décents à travers le commerce et l’investissement, objet de la troisième réunion des membres du Groupe de Travail sur les Politiques au Maroc
Le Groupe de Travail sur les Politiques du projet "Intégration de l’Emploi dans le Commerce et l’Investissement" (IECI/METI), financé par l'UE, s'est réuni pour discuter de l'impact d'un projet d'investissement sur l'emploi et le commerce, ainsi que des opportunités et des défis pour créer davantage d'emplois de qualité dans le secteur de la bonneterie et de la maille.
26 novembre 2024
Le groupe de travail sur les politiques (GTP) du programme d'intégration de l'emploi dans le commerce et l'investissement (IECI/METI), financé par l'UE, a tenu sa troisième réunion à Rabat pour discuter des conclusions de l'impact sur l'emploi et le commerce d'un important projet d'investissement dans les infrastructures et des conclusions de l'analyse de la chaîne de valeur du secteur marocain de la bonneterie et de la maille. Cet événement de deux jours a réuni plus de 30 participants, dont des responsables gouvernementaux, des organisations de travailleurs et d'employeurs, des agences nationales spécialisées, des représentants du secteur privé, la délégation de l'UE et des organisations internationales.
L'événement a été inauguré par Mme Nour Laamarti, Directrice de la Coopération Internationale au Ministère marocain de l'Inclusion Economique, de la Petite Entreprise, de l'Emploi et des Compétences, qui a souligné que la création d'emplois demeure une priorité essentielle pour le gouvernement marocain. Dans un message complémentaire, Mme Lise Paté, Cheffe de Section de Développement social et rural de la Délégation de l'Union Européenne au Maroc, a souligné l'importance de la coopération régionale pour remédier aux disparités en matière d'emploi, en particulier pour les femmes et les jeunes, et a réaffirmé l'engagement de l'UE à promouvoir le développement de la main-d'œuvre basé sur les compétences.
Transformer l’emploi grâce à des investissements stratégiques dans les infrastructures
« Chaque investissement doit stimuler la productivité dans les secteurs critiques, en visant à promouvoir des emplois durables grâce à des investissements ciblés. » – Mme Nour Laamarti, Directrice de la Coopération Internationale au ministère marocain de l’Inclusion Economique, de la Petite Entreprise, de l’Emploi et des Compétences.
La première étude a examiné l’impact des investissements en infrastructures sur l’emploi et le commerce au Maroc, en prenant comme exemple le programme d’énergie solaire Noor Ouarzazate. Cette recherche a exploré les effets directs, indirects et induits du programme sur l’emploi, en attirant l’attention sur divers résultats tels que les salaires, les types de contrats et la couverture de protection sociale. Les résultats, ventilés par sexe, âge et niveau de compétence, ont permis de mieux comprendre l’impact des projets d’infrastructures à grande échelle sur le travail décent.
L'évaluation du programme d'énergie solaire Noor Ouarzazate a révélé d'importants résultats en matière d'emploi. Le programme a permis de créer 9 465 emplois directs, 40 309 emplois indirects et 14 311 emplois induits. La participation des femmes a varié selon le type d'emploi : elles représentent 3 % des emplois directs, 19 % des emplois indirects et 30 % des emplois induits. Les jeunes de 15 à 35 ans constituent 30 % de la main-d'œuvre directe. De plus, 23 % de la main-d'œuvre qualifiée nationale impliquée dans le projet proviennent de la région de Ouarzazate. En ce qui concerne le niveau de qualification, 47 % des employés directs avaient une formation postsecondaire, tandis que 56 % des emplois indirects et 64 % des emplois induits sont occupés par des personnes sans qualification.
La présentation s'est conclue par une discussion approfondie entre les membres du GTP sur les mesures clés à prendre pour créer davantage d'emplois et améliorer les conditions de travail dans le cadre des investissements en infrastructures. Les principales mesures comprenaient :
- La mise en œuvre de réglementations visant à évaluer l'impact des projets d'infrastructures sur l'emploi et le commerce avant et après leur exécution.
- L'établissement de critères pour les marchés publics et les PPP qui privilégient la formation de la main-d'œuvre locale et le recours à des entreprises locales
- La création d'un cadre collaboratif impliquant les principales parties prenantes pour garantir une planification, un recrutement et une exécution efficaces des projets
Un meilleur positionnement du secteur de la bonneterie et de la maille grâce à une meilleure connaissance de la chaîne de valeur
« Le Maroc souhaite positionner le secteur textile comme une source vitale de création d’emplois. » – Mme Nour Laamarti , Directrice de la Coopération Internationale au ministère de l’Inclusion Economique, de la Petite Entreprise, de l’Emploi et des Compétences.La deuxième étude a présenté les résultats préliminaires de l'analyse de la chaîne de valeur STED-TRAVERA de l'industrie marocaine de la bonneterie et de la maille. L'étude a cartographié les principaux acteurs du secteur et leurs interactions à travers les chaînes de valeur, fournissant une analyse SWOT (forces, faiblesses, opportunités, menaces) complète. Elle a également identifié les acteurs du marché qui pourraient contribuer à moderniser le secteur et à stimuler l'innovation.
L'étude menée révèle avant tout un secteur vivant, riche en potentiel, mais aussi confronté à de nombreux défis. Dans un contexte où la modernisation est essentielle pour rester compétitif sur le marché mondial, cette analyse s’attache à comprendre comment cet écosystème peut s’adapter et évoluer pour offrir non seulement des opportunités économiques, mais aussi des emplois de qualité, particulièrement pour les femmes et les jeunes dans les TPME.
L'enquête réalisée auprès de 54 entreprises du secteur de la maille révèle qu'il joue un rôle crucial dans l'emploi féminin, avec 69 % des emplois réguliers et 64 % des emplois saisonniers occupés par des femmes. Les jeunes représentent également une part significative, avec 41 % des emplois réguliers. Cependant, la majorité des employés ont un niveau de scolarité faible, soulignant un besoin urgent d'amélioration de l'accès à la formation technique. Entre 2010 et 2021, la productivité du secteur a connu une croissance annuelle moyenne de 1,4 %, mais il fait face à de nombreux défis, notamment une forte dépendance aux importations, un manque de main d’œuvre qualifiée et une concurrence accrue. Les petites et moyennes entreprises (TPME), qui constituent 92 % du secteur, rencontrent des difficultés à accéder au financement pour moderniser leurs infrastructures. L'étude met en lumière un besoin annuel de 10 400 postes dans le secteur entre 2024 et 2028, notamment pour des rôles techniques essentiels. Pour relever ces défis, des stratégies de développement des compétences sont proposées, incluant l'adaptation des programmes de formation aux besoins du marché et le renforcement des partenariats entre entreprises et institutions de formation, tout en veillant à l'inclusion des femmes et des jeunes.
L'événement s'est poursuivi avec un atelier de prospective technique et politique afin d’identifier les besoins en compétences dans le secteur de la maille et de la bonneterie au Maroc dans le but de renforcer la capacité des entreprises et améliorer leur compétitivité. Cela est fait en collaboration avec les parties prenantes du secteur concerné.
L'atelier a permis de formuler une vision claire des compétences nécessaires pour soutenir le développement économique mettant l'accent sur l'innovation, la durabilité et l'intégration des femmes et des jeunes dans la population active. Selon les différents intervenants, la stratégie de développement du secteur de la maille au Maroc devrait s'articuler autour de trois axes principaux qui visent à transformer le secteur en un leader mondial dans le textile. En promouvant une marque marocaine forte, en renforçant en amont la chaîne de valeur et en développant des zones industrielles intégrées. Le Maroc est bien positionné pour accroître ses parts de marché à l'échelle locale et internationale, tout en assurant un développement durable de l'industrie. Ces actions collectives devraient également attirer des investissements étrangers, favoriser la création d'emplois, et positionner le Maroc comme un acteur clé dans l'industrie de la mode et du textile.

À propos du METI
Le METI est un programme régional de quatre années, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’Organisation internationale du travail. Il vise à permettre aux décideurs politiques de la région du Sud de la Méditerranée d’intégrer une perspective d’emploi dans les politiques commerciales et d’investissement. Cela soutiendra la conception et la mise en œuvre de stratégies d’investissement qui optimisent la quantité et la qualité de la création d’emplois dans la région.
Pour plus d'informations, contactez : meti@ilo.org